Épisode 2 : Les mystères de l'univers


« Il n’y a personne qui soit né sous une mauvaise étoile, il n’y a que des gens qui ne savent pas lire le ciel. » Dalaï-Lama

Le 26 décembre 2012


Mes yeux s’ouvrent, petit à petit. J’ai cette sensation étrange que mes paupières sont attirées l’une vers l’autre et ne veulent pas se décoller. Je tends mon bras en direction de la table de chevet et tapote avec ma main pour attraper mon téléphone.


  • Aïe ! ça, c’était le cactus posé sur la petite table de chevet, un des éléments récents de la nouvelle décoration de ma chambre d’ado, toujours chez ma mère.

  • La journée commence bien.

Je me tourne et regarde au pied de mon lit. Il est là. Mon téléphone, mais aussi réveil, montre et outil de travail. Je l’attrape pour voir l’heure.

Il est 13H. Voilà que je me sens coupable. Qui se lève de 13H à 29 ans ?

Ma vie est si vide que ça ?


« Cristina, nous sommes le lendemain de Noël, tu as fait la fête toute la nuit, sois indulgente… » Je me dis en moi-même pour tenter de faire redescendre ce sentiment intense de culpabilité.

Instinctivement, je regarde Facebook. Pas de message. Mon doigt glisse automatiquement pour faire défiler les photos de mes contacts.

  • Sérieux ! Je me m’exclame à haute voix

Je me redresse illico presto dans mon lit, et zoom sur la photo de Matilda, une de mes anciennes amies du lycée.


« Nouvelle année en approche, nouvelle vie en préparation ! »


Voici le commentaire posté sous la photo de son corps de rêve vêtu uniquement d’une brassière et d’un mini short, qui apparemment revient d’un footing matinal de 13 km.

  • Qui court 13 km ? Un 26 décembre à - 4 degrés ? Je grogne en me levant.

Je déteste celui qui a créé les réseaux sociaux. Je le place en numéro 1 de ma liste des pires ennemis de 2013.

À cause de lui en partie, je ne me sens jamais à la hauteur de rien et je passe trop de temps le nez sur cet écran.

Facebook me rappelle tous les jours que je suis seule et me confronte à la vie parfaite de tous ces gens qui semblent vivre un amour fou sur la toile.

À cause de lui, et de la nouvelle mention » célibataire » de Sam, je me seule plus que jamais.

Une alerte retentit et un nouveau message apparaît sur mon fond d’écran :

Message de Julie: Hello beauté ! J’ai hâte de te voir et que tu me racontes tes aventures ? Vous montez en train ou en voiture finalement ?

On va fêter les 30 ans de la femme la plus extraordinaire du monde dignement ! Que ces derniers jours 2012 réalisent tous tes vœux ma belle.

Julie, la meilleure réalisatrice du monde

Enfin une nouvelle qui me fait plaisir. C’est vrai que Léa, Lou et moi allons sur Paris ce 3 janvier pour fêter mon anniversaire et retrouver ma Julie que je vois trop peu entre ses tournages autour du monde et ses aventures.


Sur le bateau où je l’ai rencontrée, le Destiny, nous avons vécu ensemble huit mois vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept.


Nous étions une grande famille à vivre une expérience unique sur ce navire et les liens qui se sont noués sont inexplicables. C’est comme si nous nous connaissions depuis toujours !

Julie est comme une grande sœur pour moi. Du haut de ses 40 ans bientôt, elle est une femme inspirante, aventurière et indépendante qui croque la vie à pleine dents.

J’ai hâte de revoir ces yeux en amande pétillants et de l’entendre narrer sa vie comme un conteur qui nous emmène dans ses histoires.

Je me motive pour aller prendre une douche. Je me glisse sur un jet d’eau presque brûlant. Ça me fait un bien fou !

Je repense à cette soirée, à tous ces changements en si peu de temps dans ma vie.

De nombreuses questions assaillent mon esprit, mais sous cette eau libératrice, je lâche prise et respire profondément.

Je décide de placer toutes ces interrogations sur mon avenir entre les mains de la vie et de me laisser porter.

  • Bon on est prête là-dedans ? J’entends la voix de Léa qui tape à la porte.

J’avais totalement oublié qu’elle avait dormi là. Je sors de la salle de bains.

  • Tu m’espionnes dès que je suis dans la salle de bains ou quoi ? Je lance en rigolant.

  • Viens ! je t’ai préparé à manger, lance-t-elle en avançant vers le salon.

  • Un brunch ! Tu ne pouvais pas me faire plus plaisir ! Je lui dis en lui faisant un câlin.

Oeufs brouillés, pains grillés, purée d’avocats, fruits, tout y est ! Ma Léa est géniale, mon humeur est remontée à la hausse !

  • Alors, quel programme pour le réveillon ? Questionne Léa

  • Aucune idée, on peut faire un truc soft non si on monte à Paris le 3 ? D’ailleurs on y va comment ? Je réponds la bouche pleine d’avocats.

  • J’ai regardé le train il y a des bons prix et comme ça on pourra discuter tranquillement. On fait à la cool ici avec les frangins alors ? Ta mère rentre quand ? Reprend Léa

  • Yes, parfait pas trop envie de ressortir, je vais aller chercher quelques bouquins et me poser un peu ces prochains jours.

  • Et à quelle heure tu me racontes pour le beau mec d’hier ? Léa relance en rigolant.


Nous voici parties dans le premier épisode Isaac. Débats, interprétations et suppositions. Bref tout ce qu’il ne faut pas faire !


La serviette que m’a donnée hier Isaac avec son numéro est posée là, sur mon sac. Je l’attrape et la colle sur le tableau pense bêtes en liège de ma chambre.


  • Bon je vais bosser un peu ! Lance Léa en prenant son sac.

  • Tu reviens ce soir ? Je demande ?

  • Comme tu veux ! dit — elle

Je réfléchis un instant.

  • Je crois que je vais bouquiner et me poser un peu ce soir, on se voit demain midi

  • Perfecto ! Elle claque la porte aussi vite qu’elle l’a ouverte.


Je finis de me préparer et file chez le libraire du coin de la rue au centre-ville.

Après avoir exploré les rayons de fond en comble, j’embarque une dizaine de livres indispensables pour toute personne ayant décidé de se lancer dans travail de développement personnel.


« Suivre son étoile », « Qui suis-je ? » « Les 3 clés du bonheur » « 100 % Insatisfaite », tout y est !


Je rentre à la maison et pose mes trouvailles sur la table du salon. J’allume un encens et quelques bougies et me fais couler un bon bain.

J’attrape le premier livre de développement personnel que j’ai acheté qui propose toute une série d’exercices.

Arrivée au chapitre 1, je bloque déjà sur les premières questions.

Exercice numéro 1 :

Si vous aviez un million d’euros chaque mois, que feriez-vous de vos journées, où seriez-vous et avec qui ? Quelle serait votre place dans le monde ?


En voilà de bonnes questions !


Bizarrement, la première chose qui me vienne c’est Georges.

Je me dis que si j’avais ce million d’euros, je retournerais en Guadeloupe pour le récupérer et je l’emmènerais partout avec moi. Georges, mon chien, me manque cruellement.

Pour le reste, c’est le brouillard total.

J’imagine que dans un premier temps, je prendrai un moment pour construire un petit lieu de vie où je me sente bien, un point d’ancrage pour mieux voyager et revenir.

Je partagerai mes expériences à travers un blog ou un livre, je sortirai et voyagerai avec les gens que j’aime, à part ça, aucune idée !


Qu’est-ce que je pourrai apporter au monde ? Qu’est-ce que je ferai avec tout cet argent ? Ces questions ne sont pas si faciles que ça ! Qui se pose ce genre de questions d’ailleurs ?


Je termine mon bain tranquillement puis je note ces premières intentions comme le mentionne l’exercice : récupérer Georges et voyager partout avec lui, créer mon cocon et écrire mes expériences. Je plie la feuille et la glisse sous mon oreiller. D’après ce premier chapitre, durant cette nuit j’aurai des réponses, mais surtout, j’aurai envoyé une énergie forte à l’univers avec ces besoins réels.

On verra bien !


Je m’endors sereinement avec de nouvelles questions en tête et une envie profonde d’y répondre une après une.

3 janvier

C’est le jour du grand départ. Je finis mon sac, je vérifie que je n’ai rien oublié et attrape ma veste dans ma chambre.

Mon regard s’arrête quelques secondes sur la serviette accrochée là, sur le mur avec le numéro d’Isaac.

Je ne l’ai toujours pas appelé, car je ne sais pas quoi lui dire. Je me suis promis de reprendre contact avec lui dès que j’aurai des réponses, dès que j’aurai trouvé le sens de ma vie.

Si je ne sais toujours pas qui je suis vraiment et ce que je veux faire de ma vie, la bonne nouvelle c’est que je compte bien le découvrir.

J’arrive à la gare de Bayonne.


  • Je suis là ! s’écrie Léa assise sur un banc du quai numéro deux. Elle est là, sac sur le dos comme toujours.

  • Tu as tout ce qu’il te faut là-dedans ? Je demande en fixant son petit sac à dos.

  • Mais oui t’inquiètes, trois culottes et le tour est joué !


Je ne sais pas comme Léa fait pour vivre avec le strict minimum, mais elle adore ça. Elle parcourt le monde pour prendre des photos insolites en pleine nature et elle a appris à se contenter de l’essentiel.


  • Toi par contre tu pars t’installer à Paris ? Demande-t-elle en regardant ma valise.

  • Une tenue de change pour notre soirée, mes affaires de toilette, mon pyjama, mon ordi si j’ai besoin d’écrire et quelques de mes nouveaux livres :)

  • Tu crois vraiment qu’on va bosser ou lire sérieux ? S’exclame Léa.

  • Oui, je prendrai un peu de temps pour moi, je réponds avec le sourire.


Le TGV arrive. Léa, Julie et Louane se sont chargées des billets. Elles voulaient s’occuper de tout pour mon week-end prolongé d’anniversaire.


  • C’est par là ! S’exclame Léa en grimpant dans le wagon numéro deux, en première classe.

  • Trop chouette ! Je dis en testant l’un des larges fauteuils de la première. Fallait pas les filles !

  • C’était le même prix ! Je crois qu’on sera pas nombreux aujourd’hui dans le train ! répond Léa.

Elle m’aide à soulever mon sac dans l’emplacement réservé au-dessus des sièges.

  • T’as mis un cadavre là-dedans ou quoi ! Hurle Léa en poussant de toutes ses forces la valise.

J’explose de rire et pousse de toutes mes forces à mon tour. La valise dépasse de quelques centimètres.


  • Tu crois que ça va tenir ? Je la regarde l’air inquiet.

  • On verra bien ! Nous rions de nouveau.


Le trajet commence bien. Nous sommes installées sur une zone avec table et quatre fauteuils : le wagon est à nous. On discute, on rit. Elle me raconte sa nouvelle rencontre avec un Italien tandis que le train marque un premier arrêt à la gare de Bordeaux Saint-Jean.

Mon regard bloque sur le quai, mon ventre se noue de nouveau.

Je repense aux deux derniers mois, aux messages de Derreck qui voulait me revoir, aux messages de Sam et à moi qui, totalement perdue, faisais la morte.

Le quai semble froid, comme mon cœur le jour où je suis partie d’ici après avoir quitté ma vie en Guadeloupe.

  • Ça va ? Demande Léa en me tenant la main.

  • Oui, oui

Je balaye le quai du regard puis reprends mes esprits alors que le train redémarre.

  • Tu veux savoir qui tu es ? Je demande à Léa toute excitée à l’idée de lui montrer les exercices de mon livre de développement personnel.

  • Carrément ! Elle s’exclame.

  • Faut que tu m’aides par contre, il est dans la valise, je dis en me levant pour l’attraper.

  • Je le sens pas dit Léa en se levant

J’attrape la poignée, regarde Léa et dit :

  • Prête ? On tire en même temps ?

  • Yes, elle répond les deux mains en l’air

Je tire sur la poignée quand la valise me tombe littéralement dessus

  • Aïe ! Je crie.

  • Ça va ? Je te l’avais dit ! hurle Léa, inquiète.

Une voix d’homme vient perturber la scène catastrophique

  • Are you OK ? Demande-t-il

Un magnifique brun aux yeux noirs, vêtu d’un jean noir et d’une veste de manteau classique, foulard au tour du cou, attrape la valise d’une seule main et la pose au sol.


Il est comme sorti de nulle part. Son accent anglais impeccable me donne des frissons. Je reste assise au sol, bloquée, je le regarde. Mon Dieu qu’il est beau ! Son parfum inonde le wagon. On se croirait dans une scène de film hollywoodien.


Léa est autant bloquée que moi et ne m’aide même pas à me relever. Je suis toujours là, au sol, la jambe en l’air sur l’accoudoir du fauteuil d’en face tandis qu’il attrape ma main pour me relever ?

  • Let me help you ! dit-il en me tendant la main

  • Euh yes ! moi et mon accent français sommes sous le charme.

J’attrape sa main et au moment où nos deux mains s’enlacent le temps s’arrête. J’ai comme un coup de jus, dans tout mon corps. Une chaleur m’envahit et je reste fixée sur ses yeux. Il me lève et nous restons quelques secondes main dans la main.

Je ne dis pas un mot, j’ai l’impression que nos mains sont collées à la glue et que je ne veux plus la lâcher.

Mes jambes tremblent, je ne sais pas ce qu’il se passe. Je retire ma main d’un coup et il reste figé. Je ne sais pas si il a ressenti la même chose que moi, mais il repart, l’air gêné

  • OK have a safe trip (faites bon voyage) dit il ne nous tournant le dos et en rejoignant le wagon numéro 1, avec un petit sac qu’il tient sur son épaule.

  • Euh c’était quoi ça ? dit Léa ?

  • Hein, quoi ? Je ne sais plus où je suis.

  • C’est moi ou il vient de se passer un truc entre vous ? Dit-elle en souriant

  • Je ne sais pas je réponds, la sensation que j’ai eue étais plus que bizarre ! Je réponds en m'asseyant sur le fauteuil

  • J’ai vu ça oui ! On aurait dit que vous étiez bloqués ! Mais quel canon ! Ajoute-t-elle, autant surprise que moi.

Mon corps tremble, je ne sais pas quoi penser.

  • Hé ho ! Reviens parmi nous ! Dit Léa.

  • Je te jure j’ai l’impression d’avoir été électrocutée, je réponds

  • T’es pas la seule on dirait bien ! S’exclame-t-elle ! Va le voir ! Demande son numéro ! Insiste Léa

  • Ça ne va pas non ! Tout ce qui doit arriver arrivera, règle numéro 1 : Faire confiance en la vie et en notre destin, je réponds à Léa en montrant le livre que je sors du sac.

Je ferme la valise et dis en la regardant :

  • Toi cette fois, tu vas rester par terre !

On continue le voyage et on fait les exercices. Cela nous change les idées et on rigole bien. Je prends des notes sur mon carnet. Je me rends compte à quel point je ne suis pas prête, à quel point j’ai besoin de me retrouver et d’avancer dans ma vie.


Je suis toujours en train de guetter la porte du wagon en espérant que le beau brun arrive, mais personne ne bouge.


  • Bon et cette soirée alors ? Prête ? demande Léa en parlant de mon anniversaire

  • Non pas du tout, mais tu vas me raconter ce que vous avez prévu je demande en souriant

  • Non non non ! C’est un secret ! Elle répond.

  • J’ai trop hâte en tout cas, je conclus.

Trois heures plus tard, nous arrivons en gare de Montparnasse terminus.Nous restons assises, car c’est le terminus. Je guette le sas, car avec Léa nous avons parié un repas.

D’après Léa, avant de sortir, le beau brun reviendra

De mon côté je dis qu’il va partir sans se retourner, mais je rêve du contraire.


Le train s’arrête et nous le voyons arriver dans le sas avec deux autres hommes. Ils discutent. Les portes extérieures s’ouvrent. Le brouhaha commence.

Je vois Julie qui tape au carreau et nous fait des signes. On entend qu’elle sur le quai !

  • C’est l’anniversaire de qui ? C’est le week-end à ma Cricri ! Hurle-t-elle en dansant.

J’ai honte, je veux me cacher sous les sièges. Le brun tourne sa tête vers moi et me regarde. Je me décompose. Il me fixe et on dirait qu’il hésite à venir. Je prie intérieurement qu’il vienne quand son ami tape sur son épaule en le poussant naturellement vers la sortie pour ne pas bloquer la descente du train.


  • Vite, vite va le voir s’écrie Léa en tirant ma valise de toutes ses forces vers la sortie.

Un once de courage me prend et je tire d’un coup sur la valise pour sortir de là et me lancer pour lui parler lorsque Julie et Louane débarquent dans le train en chantant.


  • Cris ! Julie me saute dessus et je la serre dans mes bras de toutes mes forces.

  • Laissez-moi passer ! crie Léa qui ne perd pas espoir

Elle court jusqu’à la sortie pour le rattraper.

  • Sur le moment j’oublie tout, car je suis trop contente de voir ma Julie et ma petite sœur

  • On va passer un week-end de folie ! On a tellement de trucs à se raconter !!! Hurle Julie en tirant ma valise.

  • On descend du train quand Léa arrive vers nous l’air dépité.

  • Ils sont partis trop vite devant mon nez ! dans une voiture noire ! J’ai pas eu le temps de les rattraper, je suis désolé Cris, dit Léa d’un air déçu.

  • Rattraper qui ? dit Louane.

Une vague de déception me traverse.

  • Aller, on entre et tu vas tout nous raconter, dit Julie en tirant ma valise.

  • T’as mis un cadavre là-dedans ou quoi ? Elle ajoute.

On explose toutes les 4 de rire. C’est le bonheur, nous sommes ensemble.

Quelques minutes plus tard, nous arrivons dans le merveilleux appartement sous la Basilique du Sacré-Cœur, quartier Montmartre chez Julie. Ce grand T3 a des plafonds hauts, un parquet ancien en chêne massif et des moulures magnifiques. Une vue directe sur la basilique et les tapis des 3 coins du monde ramenés par Julie amène de la chaleur et une forme de voyage intérieur dans cet endroit qui ressemble à un temple de souvenirs.


Nous déposons nos affaires et continuons la conversation commencée dans la voiture.

  • Alors c’est quoi ces conneries, Cris ? T’as quitté Sam pour repartir avec Derreck ! On parle bien du Derreck que t’étais venue oublier lorsque t’es venue travailler sur les bateaux ?


Julie se souvient de tout. Lorsque j’embarquais pour travailler 8 mois sur le navire du Destiny, je partais oublier Derreck. Je me revois dans le bureau du responsable à Monaco lors du recrutement. Moi qui avais promis de rester célibataire je repartais avec Sam des bateaux pour me réinstaller dans une vie de couple.


  • Oui je sais, je suis pitoyable, je dis en avalant une gorgée du verre de blanc que Julie nous a servi. D’après elle, à 17H c’est l’heure de l’apéro

  • Si tu l’as fait c’est bien que t’avais une raison. De toute façon je savais que t’allais pas finir avec Sam

  • Ha bon ? Dit Léane en machant ses chips bouche ouverte.

  • Je les trouvais mignons moi ensemble, elle ajoute

  • Et alors tu pars au Canada quand alors ? Et ce livre ? Relance Julie


Depuis que je suis rentrée en France, beaucoup de choses se sont enchaînées. J’ai terminé mon premier livre, un rêve d’enfant et j’ai été acceptée pour un permis d’un an au Canada.


Je pensais me séparer pour me trouver et voyager seule, partir à la conquête d’une nouvelle vie. Mais la vérité c’est que ce n’est pas facile de vivre une séparation et tous ces chamboulements et j’ai besoin de ma famille et mes amis plus que jamais.


  • Je n’ai pas de date de départ pour le Canada pour l’instant. Je commence à peine à être bien ici, avec vous toutes, j’ai pas envie de partir pour le moment, je réponds

  • Je te comprends ma biche, mais tu sais, avoir le permis Canada c’est une chance ! Peut être que l’univers te parle la ! Julie reprend. Elle croit beaucoup à l’univers, aux signes et à la magie de la vie

  • Oui, je sais, j’irai, mais pas maintenant.

  • Nous, on sera toujours là, mais le Canada !!! Conclut-elle en levant son verre de vin.


  • Si, si una semana Ciao ! On entend Léa à la fenêtre parler à son nouveau copain italien.

  • Ton accent est magnifique je dis en explosant de rire

Léa nous rejoint à table et boit son verre cul sec.

  • Je pars en Italie la semaine prochaine ! Elle lance mine de rien.

  • Quoi ? Mais tu l’as vu une fois !

  • Et alors ! qui peut une fois peut deux non ??!

Nous rigolons toutes. Léa nous fait rire avec ses aventures rocambolesques.

  • T’as bien raison chouchou, s’exclame, Julie. La liberté c'est la vraie vie !

Julie à 40 ans, sans enfants, sans mari, elle parcourt le monde pour un nouveau projet de long métrage, seule avec sa caméra, et c’est une amoureuse de l’amour. Elle fuit toute forme d’engagements.

  • Alors au fait, t’en es où de ton film sans voix sur les danses du monde ?

  • J’ai enfin eu une autre avance de la production, alléluia. Je repars dans 3 semaines pour le Maroc pour filmer les danses du ventre d’un village berbère et ensuite je repars en Inde. J’ai 3 semaines pour trouver un autre assistant parce que Francisco arrête.

  • Si tu arrêtais aussi de te taper tes assistants ! Je dis en rigolant.

  • Non ! pas Francisco arrête ! c’est que son père est malade il rentre en Amérique latine, répond Julie sérieusement

  • Mais je croyais que tu filmais tout toute seule avec ta caméra ? Demande Louane

  • Oui, je filme tout, mais il y a du matériel, il faut préparer les plans, vider la caméra sur l’ordi à deux c’est beaucoup mieux pour moi.

  • Je serai bien venue, mais l’Italie m’appelle, dit Léa en chantant !


Nous continuons à discuter de nos vies et passons une nuit blanche à nous raconter nos vies. Nous passons deux jours à rire, profiter, se balader, je lis un peu de temps en temps et je continue de temps en temps les exercices de mon livre, mais les questions ne sont pas faciles.



2 jours plus tard


Nous sommes le jour J. J’ai 30 ans et il est 18H.

  • Alors prête ? Julie tape à la porte de la salle de bains.

  • Oui ! une minute !

Je finis de mettre mon mascara et sors de la salle de bains.

  • Wouaw !!! Bombe : S’exclament Léa et Louane en cœur

  • T’as prévu de choper ce soir ou quoi ? Demande Julie

Je rigole, gênée. Je porte une robe noire cintrée assez classique formant un V dans le dos. Des petits scintillants aux oreilles et un chignon donnent un air élégant à la tenue. Je me sens belle, et je compte célébrer ces 30 ans comme il se doit !

J’attrape mon écharpe et l’enroule autour de mes épaules. Je suis prête à suivre les filles dans l’aventure qu’elles me réservent. Je sais qu’elles ont dû prévoir quelque chose d’original.

  • Alors on va où ? Je lance.

Julie regarde les filles et elles rigolent.

  • On va dans le même univers que tes livres, t’inquiète pas

Sa réponse m’inquiète un peu, mais la joie et la bonne humeur des filles me comblent de bonheur.


Nous arrivons à cette fameuse soirée d’anniversaire. En plein cœur de Paris, une petite ruelle à peine éclairée accueille une petite porte. Devant, un videur, un petit tapis rouge et des poteaux en argent.


  • C’est quoi ce truc, je marmonne dans ma barbe

  • Une soirée spéciale juste pour toi, répond Léa en me donnant un petit coup d’épaule

  • Quel nom ? Demande de videur à Julie, d’un ton autoritaire

  • Destiny, elle répond en me regardant avec un sourire en coin.


Nous entrons dans une salle à l’ambiance très particulière. La lumière est tamisée, l’ambiance est plutôt zen et une musique de chants amérindiens et l’odeur de l’encens nous transportent instantanément dans un monde à part.

  • Wouaw, s’exclame Lou.

  • C’est une soirée amérindienne, dit Julie en s’installant dans des petits salons de la salle. Les repas sont 100 % végétariens, il y aura des méditations, des cristaux, des rituels et un grand chaman très connu viendra pour donner des prédictions à la fin de la soirée ! C’est une soirée pour une transformation intérieure, on va se régaler ! Elle a l’air tout excitée.

Mon cœur palpite, l’ambiance est prenante et en même temps, j’ai peur. J’ai l’impression que cette soirée va être libératrice et je suis toute chamboulée. Les filles ont eu une super idée, je suis ravie d’être là.

  • J’ai eu de la chance d’avoir ces places, c’est une soirée éphémère réservée aux VIP habituellement. À partir de minuit, une ambiance plus club commencera ! nous explique Julie.

Une cinquantaines de personnes max sont présentes tout au plus, et nous sommes tous dans des salons privatifs, habillés de voilages.


Après une série de plats végétaux, les Amérindiens de l’équipe de serveurs en tenues traditionnelles commencent à augmenter le volume de la musique, à tout débarrasser et servir les premiers cocktails. Il y a des cocktails chauds et froids alcoolisés et comme des thés également.

Les premiers tours commencent et des femmes en tenues traditionnelles viennent dans les petits salons pour nous amener des cristaux, nous proposer des tirages de cartes et nous faire des soins bizarres avec des carillons et des plantes.

On parle des mystères de l’univers et je commence à parler de mon idée récente d’écriture aux filles. Je retrace mon parcours et toutes les coïncidences de ma vie, et je me rends compte que tous mes choix ont toujours été poussés par les signes de la vie, une sorte de bonne étoile qui m’a toujours guidée, et ce, depuis ma mort clinique, lorsque j’avais 16 ans.

Cette notion de magie de la vie m’inspire et me passionne et je commence à retrouver le goût, à redécouvrir une partie de moi, empreinte de spiritualité.


Cette soirée très particulière et la présence de mes amies suffit à me ramener un peu plus à moi, à me centrer. J’ai envie d’écrire, de partager encore et encore et pourquoi pas de tenir une sorte de blog, journal de bord où je pourrai partager ma vision du monde.


Tandis que les idées s’enchaînent autant que les liqueurs amérindiennes, arrive enfin dans la grande salle ce vieux Chaman tant attendu de tous.

Un gong signale l’ouverture de ses prédictions, et c’est assis derrière une petite table en bois qu’il reçoit les gens un par un.

Il a l’air d’un chaman venu d’un autre monde, des plumes et tresses dans ses cheveux longs grisonnants lui offrent une forme de sagesse au premier coup d’œil.

  • Viens, s’exclame Julie en me tendant le bras, il faut absolument que tu le rencontres avant qu’il reparte, dit-elle.

  • Nous aussi on veut le voir ! disent les filles en se levant.

Nous marchons vers le centre de la salle, et les filles se mettent à la file indienne derrière la quarantaine de personnes qui attendent leur tour.

Gênée d’être plantée là à attendre les soi-disant prédictions d’un vieux fou, je recule discrètement

  • Je vais aller aux toilettes d’abord, je ne me sens pas très bien. Au moment où je traverse la salle, le vieux sage me regarde et me fait un signe indiquant d’approcher.

J’ai la sensation que tout le monde me regarde soudain et cela me met très mal à l’aise, je décline de la tête en souriant.

Je ne sais pas si j’ai peur de ce qu’il a à me dire ou de ce qu’il va me faire, mais en tout cas, je tourne les talons d’un pas vif et précipité.


Le vieil homme se lève d’un seul coup faisant gronder sa chaise sur le sol surpris de mon demi-tour, et lance un mot que je ne comprends pas accompagné d’un grand signe de bras et d’un large sourire insistant, que cette fois je ne peux plus refuser.

  • Vas-y ! S’exclame Julie, renforçant les regards de tous ceux qui font la queue.


Je réponds à cette invitation forcée qui semble attirer toute l’attention. J’avance vers lui et il me fait signe du regard de m’asseoir. Je regarde la prochaine personne de la queue qui semble autant surprise que moi de se voir voler sa place.


Je m’installe devant lui, il me regarde, me prend les mains et me fixe. Il ne parle pas, me regarde droit dans les yeux et son sourire disparaît petit à petit, il devient de plus en plus sérieux. Il tourne sa tête sur la droite puis la gauche, comme s’il cherchait quelque chose à l’intérieur.

Il se remet à sourire, toujours en silence, ouvre le petit tiroir en bas à droite de son bureau, et sort un fil de laine rouge.

Il me l’attache autour du poignet et fait un double nœud ultra serré que seul un ciseau pourrait enlever.

Je ne dis rien, ce cordon rouge qui n’a rien d’esthétique est très inquiétant sur le moment et je lui demande ce que c’est.


Il sourit, lève le regard et me dit :


« Un fil rouge invisible relie ceux qui sont destinés à se rencontrer, et ce, indépendamment du temps, de l’endroit ou des circonstances. Le fil peut s’étirer ou s’emmêler, mais il ne cassera jamais… »

Surprise, je lui demande pourquoi il me donne cela ? Il reprend un air sérieux, me fixe et répond :

  • Surtout ne l’enlève pas, fais-moi confiance, bientôt, tu verras tu comprendras… 

Au moment où il me dit ces mots, un frisson parcourt mon corps, je me demande s’il m’a jeté un sort ou je ne sais quoi, mais la façon dont il me dit de ne pas enlever le fil me convint de ne surtout pas le retirer, bien au contraire.

D’un côté cela me fait peur j’ai envie de l’arracher immédiatement, mais d’un autre, j’ai l’impression que cet élément va déclencher encore de nouvelles aventures surprenantes dans ma vie.

Alors je me lève, remercie le vieux monsieur chaleureusement en le prenant dans mes bras, lâchant prise, je décide de juste faire « confiance ».

Je regarde mon poignet et repars en souriant vers les toilettes laissant la place aux autres.

À peine un pas de plus vers la porte sanitaire, que j’aperçois au fond de la salle, dans un petit des petits salons un petit groupe de 4 hommes, dont un qui me semble familier.

Ce regard noir intense me regarde fixement comme s’il avait vu un fantôme.

C’est l’inconnu du train ! il est juste là, au fond de la salle et je crois qu’il m’a remarquée.

Ce jeu de regard vient de me bouleverser à nouveau. Je me sens comme une petite fille, le cœur palpitant, timide et littéralement perdue comme si elle avait vu le père Noël auquel elle croit encore…

Mon cœur bat à toute allure et j’ai la chair de poule. Je ne sais plus où regarder tellement que je suis mal à l’aise, alors je tourne la tête dans tous les sens, et m’engage illico presto vers la porte des toilettes.

Je tire la porte vers moi, et tombe nez à nez avec des escaliers qui descendent…


Ce lieu est un vrai labyrinthe. La lumière est tamisée ici aussi et de grosses bougies habillent les escaliers.

Je descends les marches en pensant à tous ces films d’horreur qui commencent toujours étrangement de la même façon, puis tombe sur un petit salon très chaleureux. Des sofas en tissu, une fontaine à eau et une odeur d’encens qui subliment la pièce.


Je rentre dans le sas de la salle de bains et tombe sur un joli hall avec sofa, petites coiffeuses, le tout très baroque, qui ne ressemble étrangement pas du tout à la déco de tout le reste. Je m’avance vers les beaux lavabos en marbre qui trônent au milieu de cette pièce sanitaire.


Je me rince les mains et me passe de l’eau sur le visage. Je suis rouge écarlate, on dirait que je viens de prendre un coup de soleil.


J’attrape une des petites serviettes dans les corbeilles situées sur le meuble vasque, m’essuies le visage en respirant la douce odeur de parfum de rose puis, la jette dans les petites corbeilles installées à cet effet.


Enfin rafraîchie, je tire la porte battante vers moi pour remonter quand soudain, je tombe nez à nez face à l’étrange inconnu aux yeux transperçants. Une boule d’angoisse et de feu s’empare de moi, il me regarde comme s’il était aussi surpris que moi, pourtant je pourrai parier qu’il m’a suivi volontairement.


On se fixe pendant quelques secondes, j’ai l’impression que cela dure une éternité, il ne dit toujours rien.

Je n’ai plus le temps de réfléchir que mon corps, anesthésié, se fait plaquer contre le mur du petit sas où cet inconnu se jette sur mes lèvres pour m’embrasser.

Mes lèvres répondent instantanément et toutes les questions s’envolent de ma tête comme si je devenais vide de l’intérieur, comme si mon esprit flottait au-dessus de moi ne pouvant plus rien contrôler de ce qu’il se passait, ici, juste maintenant.

On s’embrasse sans s’arrêter et je bascule en arrière dans la salle pour femmes ou, heureusement il n’y a personne, il ferme le crochet de la salle de bain derrière lui.

Il baisse les manches de ma robe et quitte mes lèvres pour descendre le long de mon coup, puis de mes épaules et venir s’arrêter sur ma poitrine.

Je ne sais pas si ce sont les cocktails ou son parfum envoûtant, mais je suis en train de perdre le contrôle total de mon corps, dans une salle cachée d’une ruelle parisienne avec un étranger dont je ne connais même pas le prénom.

Nous restons là, quelques minutes à s’embrasser, totalement inconscients de ce qu’il se passe autour, perdant toute notion du temps. J’ai l’impression qu’il n’y a plus de bruit du tout, hormis un sifflement de fond, comme une brise lointaine, comme un filet de vent qui flotterait au-dessus de nous deux.

Quand soudain, le claquement de la poignée retentit. Tout s’arrête en quelques secondes et je sens son cœur toujours collé au mien battre à mille à l’heure .

Il relève la manche de ma robe en douceur, fait un pas en arrière et nous nous regardons sans un mot.

Bouleversée par son regard, je me retourne vers les lavabos, et repasse un coup d’eau sur mon visage.

Avant même que je n’ai le temps de me retourner, la porte claque et il disparaît aussi vite qu’il m’est apparu laissant la place à une femme impatiente de rejoindre à son tour la salle de bains. Elle me regarde et fonce aux toilettes comme si j’étais la dernière de ses priorités.

Mon cœur ralentit, la chaleur retombe. Je me rince, respire un bon coup et remonte les escaliers. J'ouvre la porte, traverse le salon pour rejoindre les filles, mais le vieux sage et sa table ont laissé place à de la musique et une piste ou tout le monde danse.

Je jette un coup d’œil dans le fond de la salle pour chercher mon bel inconnu, mais le salon est vide. Il a totalement disparu. Il est parti.


Je cherche ensuite les filles, Léa est en train de danser sur la piste.

  • T’étais où ? Elle hurle, ça fait 45 minutes qu’on te cherche ! Dit-elle.

  • 45 minutes ? Tu rigoles je suis partie ya à peine 10 minutes, je réponds. Où est Lou ?

  • Lou est rentrée elle était fatiguée elle a pris un taxi, Julie avec avec un serveur là-bas ! Réponds Léa qui a apparemment trop bu elle aussi.


45 minutes viennent de s’écouler j’ai l’impression que cela en a duré 10. Le temps s’est arrêté, je me demande alors si je n’ai pas été droguée.

Fatiguée moi aussi, je décide de prendre un taxi pour rentrer et rejoindre Lou. Je pars dans le salon prévenir Julie qui est en plein échange langoureux avec un des jeunes serveurs. Elle ne changera jamais !

  • T’étais où ? On t’a cherché partout ! Elle s’exclame.

  • J’étais aux toilettes, je suis un peu barbouillée, je vais rentrer. Je réponds en attrapant mon écharpe.

  • Tu connais l’adresse ? Lou est juste devant elle est partie y’a deux minutes

  • Super, je la rattrape je dis. Je vais trouver t’inquiètes :)

Je l’embrasse sur la joue et la remercie encore pour cette soirée qui m’a totalement chamboulée.


Je pars faire un bisou à Léa et sors de la salle. Il fait un froid glacial, j’avance à toute allure jusqu’à la grande avenue pour attraper un taxi.

J’arrive tout juste au croisement de la ruelle et de la grande avenue qu’un taxi freine d’un coup devant moi.

  • Oui ! Vous tombez à pic ! Je réponds en rigolant.

Je grimpe dans la voiture.

  • Alors, on va où ? Demande-t-il ne me fixant dans le rétro.

  • Bonne question ! Je réponds en rigolant ! Laissez-moi en bas du Sacré-Cœur.

Il démarre en rigolant.

Il porte une sorte de longue robe très colorée et un bonnet sur la tête. Un grand pendentif avec une croix est suspendu au rétroviseur et à ma grande surprise, il est accompagné d’une épaisse cordelette rouge.

  • C’est quoi cette petite corde ? Je demande en me rapprochant sur le siège central.

  • Ça ? répond-il en montrant le rétroviseur du doigt.

J’acquiesce par un signe de la tête.

Il prend un ton solennel

  • Ça, c’est le fil du destin. C’est une légende de mon village, en Afrique du Sud. La légende raconte que chacun d’entre nous avons un destin attaché à nous par un fil invisible et que peu importe ce que nous tentons de faire, il est comme un boomerang ! Il revient toujours à nous !

  • Je l’écoute attentivement et je me dis intérieurement que quelque-chose de spécial est en train de se passer.

Je crois que je suis sur le bon chemin, que ce fil rouge est en train de me montrer la route.

Quelques minutes plus tard, nous arrivons quartier Montmartre. Je tends un billet de 20 euros au chauffeur quand il attrape ma main, surpris de voir le petit cordon rouge autour de mon poignet.

  • Il bloque le frein à main, tourne ses épaules vers moi et dit

  • Toi, tu dois aller chez moi en Afrique.

  • Ah bon ? Pourquoi ? Je réponds surprise

  • Parce que tu portes le fil rouge sur ton poignet ! C'est le symbole des sorciers ! Je veux t’inviter dans mon village.

Il a l’air tellement enthousiaste et inspiré, que j’acquiesce bêtement.

  • D’accord, je réponds intuitivement. C’est où votre village ?

Il attrape un papier et un stylo et note son numéro.

  • Tu m’appelles quand tu es prête à partir, je t’indiquerai. Je plie le papier et le glisse dans ma sacoche.

  • Merci, je lui dis en claquant la porte.

  • À bientôt ! Il me répond avant de repartir



La suite dans le prochain épisode


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